LE DPID #12 : LA LANTERNE

 

La Lanterne dans son plus simple appareil - Image par Lars_Nissen de Pixabay

S’il y a bien un objet qui mérite sa place dans ce panthéon, c’est la vessie, ou je ne m’y connais pas. La vessie est véritablement la quintessence du génie humain. Elle confine au sublime. 

Attention : cet article, à l’image du dictionnaire qui le recense, est très approximatif, fortement erroné et gravement mensonger, et ce dès son introduction dans laquelle il n’hésite pas à prendre des vessies pour des lanternes. Le lecteur doué d’intelligence aura rectifié incontinent ce petit problème de vessie. Dommage qu’il soit le seul. Pour tous les autres, donc, je corrige : S’il y a bien un objet qui mérite sa place dans ce panthéon, c’est la lanterne, ou je ne m’y connais pas. La lanterne est véritablement la quintessence du génie humain. Elle confine au sublime. 

On retrouve la trace de la toute première lanterne de l’Histoire au sommet du phare d’Alexandrie, qui ne mesurait pas moins de cent trente-cinq mètres. C’est haut, cent trente-cinq mètres, surtout pour l’époque. C’est pourquoi on a coutume de dire que la lanterne remonte à la Plus Haute Antiquité. Autrement dit, on la connait depuis des lustres. 

Si la lanterne est connue depuis d’innombrables lustres, le cinéma ne l’est que depuis deux Lumière, et la télévision française, depuis un Lux seulement. Saluons ici la mémoire du professeur Ray Verbert (qui s’est malheureusement éteint trop tôt), à qui l’on doit ce système lumineux de classement chronologique. 

Dès son origine, la lanterne a pour unique utilité d’y pendre les aristocrates. C’est dire si pendant une très longue période, elle n’a servi à rien, puisqu’il a d’abord fallu mettre au point l’aristocratie, puis établir le système des privilèges de classe, afin de pouvoir enfin déboucher sur la Révolution française, et donc sur l’usage effectif de la lanterne. Au passage, le lecteur éclairé comprendra aisément pourquoi, aujourd’hui encore, cette période est qualifiée de Siècle des Lumières. 

En cyclisme, on parlera de « lanterne rouge » pour désigner le dernier coureur du peloton. Une rapide étude étymologique nous permet de constater que le mot lanterne se décompose en lent et terne. Une étude physionomique encore plus rapide nous permet de voir que le coureur se décompose lui aussi sous l’effort. On dit alors qu’il se met dans le rouge. D’où l’expression de « lent terne rouge ». 

De même que la lanterne remonte à la Plus Haute Antiquité (voir plus haut), il arrive parfois que la lanterne rouge remonte à la plus haute marche du podium. À la vitesse de la lumière, évidemment. 

De nos jours, on ne comptera plus guère que sur les lecteurs de ce Dictionnaire — bien souvent à des années-lumière de la vérité — pour posséder encore une lanterne, qu’ils apporteront avec eux dans l’espoir indéfectible de la voir éclairée par la lecture de l’article. 

Attention toutefois, comme le note Bernard-Henri Wikipédia, Plus Grand Philosophe du vingt-et-unième siècle, « lorsque c’est la lanterne qui possède un individu, on parle de lanterne magique. Il faut alors la frotter pour faire sortir le génie et pouvoir bénéficier de trois vœux ». Par politesse, le lecteur un peu gêné s’efforcera lui aussi de se frotter plusieurs fois à cet article pour essayer tant bien que mal d’en faire ressortir un peu de génie. 

Si comme nous venons de le démontrer, la Lanterne est rigoureusement inutile, la lecture de cet article ne l’est pas moins. Que cela n’empêche pas le lecteur d’aller voir quel sera l’objet de l’article suivant. Il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre L.

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